Qu'est-ce que la psychogénéalogie ? Définition, fondements scientifiques et formation
- 26 juin
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La psychogénéalogie est une approche d'analyse qui étudie l'influence de l'histoire familiale sur les trajectoires individuelles.
Elle repose sur l'idée que certains événements vécus par les générations précédentes (traumatismes, deuils, secrets de famille, exils, violences, ruptures, pertes ou conflits) peuvent continuer à influencer les descendants à travers différents mécanismes psychologiques, relationnels, éducatifs, sociaux et, selon certaines recherches récentes, biologiques.
L'objectif de la psychogénéalogie n'est pas de rechercher un responsable dans les générations précédentes ni d'expliquer toutes les difficultés par le passé familial. Elle vise avant tout à comprendre comment une histoire familiale peut contribuer à la construction de certaines représentations, croyances, comportements ou répétitions afin d'accompagner la personne avec davantage de compréhension et de nuance.
Aujourd'hui, la psychogénéalogie est utilisée aussi bien dans le cadre du développement personnel que par de nombreux professionnels de la relation d'aide souhaitant enrichir leur pratique clinique. Elle constitue une approche complémentaire qui ne remplace ni un suivi médical ni une psychothérapie lorsqu'ils sont nécessaires.
Sommaire
1. Origines et histoire de la psychogénéalogie
La psychogénéalogie s'est développée progressivement au cours du XXᵉ siècle à partir des travaux de plusieurs chercheurs et cliniciens qui se sont intéressés aux effets de l'histoire familiale sur le fonctionnement psychologique.
Ses racines plongent dans la psychanalyse : Sigmund Freud évoquait dès 1913 une transmission d'inconscient à inconscient, et Carl Gustav Jung ouvrit la voie à une lecture transgénérationnelle avec sa théorie de l'inconscient collectif. Les psychanalystes Nicolas Abraham et Maria Török développèrent ensuite le concept de « fantôme » pour désigner ce qui est transmis sans jamais avoir été verbalisé.
C'est cependant Anne Ancelin Schützenberger, psychologue et psychothérapeute française, qui a donné à cette discipline son nom et sa méthode. Elle popularisa notamment le génosociogramme, un arbre généalogique enrichi permettant de représenter les liens familiaux, les événements marquants, les répétitions, les dates significatives et les relations entre générations et théorisa le « syndrome d'anniversaire ».
Depuis, la discipline s'est enrichie des apports de la psychologie clinique, de la psychiatrie, de la systémique familiale (avec notamment Iván Boszormenyi-Nagy et ses travaux sur les loyautés familiales), des théories de l'attachement, des neurosciences, de la sociologie et des recherches sur les traumatismes. La psychogénéalogie contemporaine ne se limite donc plus à l'observation des répétitions familiales : elle cherche à comprendre comment l'environnement familial participe à la construction de la personne tout au long de son développement.
2. Psychogénéalogie vs analyse transgénérationnelle : quelle différence ?
Les expressions psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle sont souvent employées ensemble y compris dans les intitulés de formations. Elles ne désignent cependant pas exactement la même réalité.
La psychogénéalogie correspond à une méthode d'analyse fondée principalement sur l'étude de l'histoire familiale. Elle utilise différents outils, dont le génosociogramme, afin d'explorer les événements marquants d'une famille, les loyautés familiales, les secrets, les répétitions ou encore les dynamiques relationnelles susceptibles d'influencer la vie d'une personne.
L'analyse transgénérationnelle possède un champ plus large. Elle s'intéresse à l'ensemble des mécanismes de transmission entre générations, qu'ils soient psychologiques, éducatifs, sociaux, culturels ou biologiques. Elle intègre aujourd'hui les connaissances issues de nombreuses disciplines scientifiques qui étudient les conséquences des traumatismes, des contextes familiaux et des environnements précoces sur les générations suivantes.
Autrement dit, la psychogénéalogie constitue l'un des outils permettant d'explorer les phénomènes étudiés par l'analyse transgénérationnelle. C'est pourquoi les deux termes sont souvent associés dans les formations professionnelles sérieuses : ils se complètent plutôt qu'ils ne s'opposent.

Véronique Cézard, présidente de la Fédération Française de Psychogénéalogie et directrice de l'Institut de formation Génomm
3. Les concepts clés à connaître
Avant d'aller plus loin, voici les notions fondamentales que tout praticien en psychogénéalogie doit maîtriser.
Le génosociogramme
Le génosociogramme est l'outil central de la psychogénéalogie. C'est un arbre généalogique enrichi qui va bien au-delà d'une simple liste de noms et de dates : il intègre les événements marquants (deuils, exils, maladies, ruptures, réussites), les relations entre les membres, les dates anniversaires et les répétitions. Sa construction est souvent le point de départ d'un travail d'analyse.
Les loyautés familiales invisibles
Les loyautés familiales désignent des engagements inconscients envers la famille, une fidélité silencieuse qui peut amener une personne à reproduire des schémas, à s'interdire de réussir là où un parent a échoué, ou à porter une souffrance qui ne lui appartient pas initialement.
Les répétitions transgénérationnelles
On parle de répétitions lorsque des événements similaires (accidents, ruptures, échecs, maladies) se reproduisent à travers les générations, parfois aux mêmes âges ou aux mêmes dates. L'analyse de ces coïncidences constitue l'une des entrées les plus utilisées en psychogénéalogie.
Les secrets de famille et les non-dits
Les secrets (qu'ils portent sur un enfant abandonné, une origine cachée, un crime, une naissance hors mariage ou une mort violente) peuvent peser sur les générations suivantes même lorsqu'ils ne sont jamais évoqués. Nicolas Abraham et Maria Török ont théorisé ce phénomène sous le nom de « fantôme » : une présence silencieuse dans la psyché des descendants.
Le syndrome d'anniversaire
Anne Ancelin Schützenberger a mis en évidence que certains événements marquants d'une vie tendaient à survenir aux mêmes âges ou aux mêmes dates que des événements vécus par des ascendants. Sans verser dans le déterminisme, cette observation invite à regarder le calendrier familial comme un outil d'analyse.
4. Ce que disent les recherches scientifiques aujourd'hui
Contrairement à certaines idées reçues, la question des transmissions transgénérationnelles ne relève plus uniquement de la psychogénéalogie. Depuis plusieurs années, des équipes de recherche du monde entier étudient les effets potentiels des traumatismes, du stress ou de certains contextes familiaux sur les générations suivantes.
De nombreuses publications montrent que l'histoire familiale constitue un facteur pertinent à prendre en considération dans la compréhension des trajectoires individuelles.
Les descendants de survivants de traumatismes collectifs
Une méta-analyse publiée en 2026 dans Frontiers in Psychiatry (Zasiekina et al.) a analysé plusieurs décennies de travaux portant sur les descendants de survivants de génocides. Sa conclusion est claire : les enfants et petits-enfants présentent un risque significativement plus élevé de développer certains troubles psychologiques, notamment des symptômes anxieux, dépressifs ou liés au stress post-traumatique.
Les mécanismes biologiques de transmission
Les recherches explorent également les mécanismes biologiques susceptibles de participer à ces phénomènes. Une étude publiée en 2026 dans The Journal of Physiology (Ahmadian-Moghadam et al.) montre que le stress vécu avant la conception, y compris chez le père, pourrait influencer le développement neurologique de la descendance par différents mécanismes épigénétiques actuellement étudiés. Les auteurs évoquent des implications possibles concernant certaines vulnérabilités neurodéveloppementales telles que le TDAH ou les troubles du spectre de l'autisme.
Le rôle de l'environnement prénatal
En 2025, une équipe de chercheurs a publié dans BMC Psychology (Liu et al.) une étude suggérant que le stress psychologique pendant la grossesse pourrait modifier la transmission du microbiote à l'enfant et influencer certains neurotransmetteurs impliqués dans les comportements dépressifs. Ces travaux illustrent la complexité des interactions entre environnement familial, développement biologique et santé mentale.
L'intégration en psychothérapie
En 2025, Prasko et ses collaborateurs ont consacré un article à l'intégration des traumatismes transgénérationnels dans la schémathérapie. Les auteurs montrent comment certaines techniques thérapeutiques peuvent être adaptées lorsque l'histoire familiale semble participer au maintien de certaines difficultés psychologiques, ouvrant la voie à des pratiques cliniques qui s'appuient sur la lecture transgénérationnelle.
Les contextes historiques collectifs
Une étude publiée en 2025 dans Child and Adolescent Psychiatry and Mental Health (Kasinger et al.) met en évidence des disparités persistantes concernant les expériences de maltraitance durant l'enfance plusieurs décennies après la réunification allemande. Ces travaux rappellent que les événements collectifs peuvent eux aussi laisser une empreinte durable sur les générations suivantes.
La reconnaissance juridique du préjudice transgénérationnel
Les effets transgénérationnels dépassent aujourd'hui le seul champ de la psychologie. Dans les affaires Le Procureur c. Bosco Ntaganda puis Le Procureur c. Dominic Ongwen, la Cour pénale internationale a reconnu que les conséquences de crimes internationaux pouvaient affecter les générations suivantes et constituer, dans certaines circonstances, un préjudice juridiquement réparable. Cohen et Teles (2024) ainsi que Busi (2024) y voient une reconnaissance importante du concept de préjudice transgénérationnel dans le droit international.
L'ensemble de ces travaux montrent qu'il existe aujourd'hui un intérêt croissant de nombreuses disciplines pour la manière dont les expériences vécues par une génération peuvent influencer les suivantes. C'est dans cet espace que s'inscrit la psychogénéalogie : proposer une méthode d'exploration de l'histoire familiale, sans prétendre expliquer à elle seule toutes les difficultés rencontrées par une personne.
5. À qui s'adresse la psychogénéalogie ?
La psychogénéalogie s'adresse à deux types de personnes.
En quête de mieux-être personnel : toute personne souhaitant mieux comprendre certains schémas répétitifs dans sa vie, ses relations ou ses émotions peut trouver dans une démarche de psychogénéalogie un outil d'exploration utile à condition d'être accompagnée par un praticien formé et rigoureux.
En tant que professionnel de l'accompagnement : psychologues, psychothérapeutes, infirmiers, sages-femmes, coachs, travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés, médecins, praticiens du bien-être et plus largement tout professionnel de la relation d'aide peut enrichir sa pratique en intégrant une lecture de l'histoire familiale. La psychogénéalogie constitue alors une approche complémentaire qui affine la compréhension des situations rencontrées en consultation.
6. Pourquoi suivre une formation en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle ? {#formation}
La demande de formations en psychogénéalogie connaît une forte progression, notamment chez les professionnels de la santé, du soin et de l'accompagnement. Cette évolution s'explique par le développement des connaissances sur les transmissions familiales et par la volonté d'intégrer une lecture plus globale des situations rencontrées en consultation.
Une formation en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle permet de :
Acquérir une méthode d'analyse rigoureuse des histoires familiales
Apprendre à construire et interpréter un génosociogramme
Identifier les répétitions, les loyautés familiales, les secrets, les traumatismes et les dynamiques relationnelles
Comprendre les apports des recherches récentes sur les transmissions transgénérationnelles
Développer une pratique éthique, nuancée et complémentaire des autres approches
Une formation de qualité ne consiste pas à attribuer systématiquement une origine familiale à chaque difficulté. Elle apprend au contraire à analyser les situations avec méthode, esprit critique, prudence et éthique, en tenant compte de l'ensemble des facteurs susceptibles d'influencer une trajectoire de vie.
7. La formation certifiante en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle de Génomm
Les formations en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle proposées par Génomm ont été conçues pour répondre aux exigences actuelles de la formation professionnelle. Elles associent enseignements théoriques, études de cas, exercices pratiques, analyses de génosociogrammes, travaux dirigés et accompagnement pédagogique continu afin de permettre aux apprenants de développer une véritable compétence d'analyse.
Organisme certifié Qualiopi, Génomm forme des professionnels de la relation d'aide ainsi que des personnes en reconversion souhaitant faire de la psychogénéalogie leur activité principale ou intégrer cette approche à leur pratique.
La direction pédagogique est assurée par Véronique Cézard, présidente de la Fédération française de psychogénéalogie. La formation s'appuie sur les publications scientifiques les plus récentes relatives aux transmissions transgénérationnelles, tout en rappelant systématiquement les limites des connaissances actuelles et la nécessité d'une pratique rigoureuse, nuancée et éthique.
Les modalités de formation
Génomm propose deux formats complémentaires :
Formation en présentiel à Narbonne (Occitanie) et à Versailles (région parisienne). Elle se déroule sur 12 journées intensives combinant apports théoriques et mises en pratique en petits groupes. Les exercices sont réalisés à partir de situations réelles, ce qui permet d'expérimenter la posture professionnelle et d'intégrer les outils de manière concrète.
Formation 100 % en ligne accessible à son rythme, toute l'année. Elle donne accès à une plateforme complète comprenant cours écrits structurés, vidéos pédagogiques, audios, QCM et exercices pratiques, sur une durée pouvant aller jusqu'à 12 mois. Un suivi personnalisé par la formatrice accompagne chaque étape du parcours.
Dans les deux cas, la certification est délivrée après validation du parcours complet.
L'objectif n'est pas de proposer une explication unique aux difficultés humaines, mais de transmettre une méthode d'analyse solide, structurée et complémentaire aux autres approches thérapeutiques.
8. Questions fréquentes sur la psychogénéalogie
La psychogénéalogie est-elle une thérapie ? La psychogénéalogie est une méthode d'analyse et d'exploration, pas une psychothérapie au sens clinique du terme. Elle peut être utilisée comme approche complémentaire par des professionnels de la relation d'aide, ou comme démarche de développement personnel, mais ne remplace pas un suivi médical ou psychothérapeutique lorsqu'il est nécessaire.
Combien de générations analyse-t-on en psychogénéalogie ? En général, on travaille sur trois à cinq générations, soit les arrière-grands-parents, grands-parents, parents et la personne elle-même. Cette fenêtre permet d'observer les répétitions et transmissions les plus influentes sans s'égarer dans une généalogie trop lointaine dont les informations seraient difficiles à recueillir.
Faut-il connaître toute son histoire familiale pour commencer ? Non. Un travail en psychogénéalogie peut commencer avec les informations disponibles. Les lacunes elles-mêmes ( cad les zones de silence ou les informations manquantes) font partie de l'analyse et peuvent être significatives.
Quelle est la différence entre psychogénéalogie et constellations familiales ? Les constellations familiales, développées par Bert Hellinger, sont une méthode de travail en groupe dans laquelle des participants représentent physiquement les membres du système familial d'une personne. La psychogénéalogie, elle, s'appuie principalement sur l'analyse de l'histoire familiale et la construction du génosociogramme. Les deux approches sont complémentaires mais très différentes dans la pratique.
La psychogénéalogie est-elle reconnue scientifiquement ? La psychogénéalogie est une discipline qui s'appuie sur des modèles cliniques et des observations pratiques. Certaines de ses hypothèses trouvent un écho dans des recherches contemporaines sur les transmissions transgénérationnelles (épigénétique, psychiatrie intergénérationnelle, neurosciences du développement), mais l'ensemble de ses postulats n'est pas validé scientifiquement à ce jour. Une formation sérieuse enseigne à travailler avec cette nuance.
Peut-on se former en psychogénéalogie sans formation préalable en psychologie ? Oui. Les formations certifiantes comme celles proposées par Génomm sont accessibles sans prérequis en psychologie. Elles sont conçues pour accueillir aussi bien des personnes en reconversion professionnelle que des professionnels de santé ou de l'accompagnement souhaitant enrichir leur pratique.
Comment devenir praticien en psychogénéalogie ? Pour exercer en tant que praticien en psychogénéalogie, il est recommandé de suivre une formation certifiante auprès d'un organisme sérieux, idéalement certifié Qualiopi, qui garantit la qualité pédagogique du parcours. La formation Génomm mène à un certificat de praticien en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle, délivré après validation du parcours complet.
Références scientifiques
Ahmadian-Moghadam S., Saboory E. & Roshan-Milani S. (2026). The impact of pregestational stress on neurodevelopment: Implications for autism spectrum disorder and attention-deficit/hyperactivity disorder. The Journal of Physiology.
Zasiekina L. et al. (2026). Transgenerational transfer of genocidal trauma: A systematic review and meta-analysis. Frontiers in Psychiatry.
Liu Y. et al. (2025). Prenatal psychological stress mediates vertical transmission of gut microbiome to the next generation affecting offspring depressive-like behaviors and neurotransmitter. BMC Psychology.
Prasko J. et al. (2025). Transgenerational trauma and schema therapy: Imagery rescripting and chairwork in practice. Neuro Endocrinology Letters.
Kasinger C. et al. (2025). Legacy of the GDR: Regional disparities in childhood maltreatment in post-unification Germany. Child and Adolescent Psychiatry and Mental Health.
Cour pénale internationale. Le Procureur c. Bosco Ntaganda (2021, 2023).
Cour pénale internationale. Le Procureur c. Dominic Ongwen (2024).
Cohen M. & Teles R. (2024). L'appropriation de la transmission des traumatismes par le droit : le préjudice transgénérationnel dans la jurisprudence de la Cour pénale internationale.
Busi S. (2024). Une véritable consécration du préjudice transgénérationnel par la Cour pénale internationale ?
Cet article a été rédigé par l'équipe pédagogique de Génomm, organisme de formation certifié Qualiopi spécialisé en psychogénéalogie et analyse transgénérationnelle, sous la direction de Véronique Cézard, présidente de la Fédération Française de Psychogénéalogie.


